Nayanka Bell/ On veut me faire tomber. Je n’ai pas hérité mes terres. Je les ai achetées très jeune.

Figure de proue de la musique ivoirienne, Nayanka Bell fait partie des grandes voix féminines de l’histoire de la musique ivoirienne.
Chanteuse mais aussi femmes d’affaires, Nayanka Bell revient dans cette entrevue sur ces projets artistiques et ses plantations.

Comment va Nayanka Bell ?

Ça va, je continue mes batailles. Je suis toujours en justice.

En effet, où en êtes-vous avec vos problèmes fonciers ?

L’affaire suit son cours. Les autorités compétentes en la matière diront la justice qu’il se doit.
Je suis en.justice, c’est un fait. Comme tout le monde, j’ai aussi des ennemis qui veulent me faire tomber. Mais je me confie à Dieu.

Les litiges fonciers, les ACD font actuellement l’actualité…

En 1996, j’avais déjà un ACD qu’on appelait à cette période titre de concession provisoire. Normalement, il n’y a pas d’autres titres après celui-ci. C’est bien notifié dans ce titre que les terres ne doivent plus être remises à une tierce personne. Maintenant, comme les choses changent, on nous demande des ACD. Ça c’est la loi de 1998. Moi au cas où je ne m’abuse, je suis de la loi de 1978.

Je n’ai pas arraché de terre à une quelconque famille…

Comment Nayanka a acquis ces terres ?

Justement, je voudrais clarifier que je n’ai pas reçu d’héritage de terres de qui que ce soit. Ce sont des terres que j’ai acquises en 1993. J’étais toute jeune. Mon père était encore vivant quand j’achetais ces terres.
Il y a eu trop de polémiques autour, faisant croire que ces terres appartiennent à des familles. Et que j’aurais arraché les terres à ces familles.
Je n’ai jamais fait de mal à qui que ce soit, encore moins arraché des choses qui ne m’appartiennent pas.

D’où vous est venu cet amour pour la terre ?

J’ai été toujours attirée par la brousse et la vie paysanne.
J’appartiens à une génération qui accorde un grand intérêt à ses origines.
Je suis une fille de l’Agnéby.
J’y ai vécu. J’ai fréquenté le lycée Notre-Dame de l’Agneby. Mon père est le premier fonctionnaire de mon village Offa. Mes parents ont des biens dans notre village. J’ai l’amour de ma culture et de ma famille.
J’ai donc le droit de faire connaître à mes enfants, mes petits-enfants et toute ma descendance, ma culture.

«Je ne chante pas quand les choses ne vont pas bien»

Nayanka Bell c’est d’abord la chanteuse où en êtes-vous avec la musique ?

Je finalise ce que j’ai déjà fait dans le passé. Je suis l’actualité sur la situation dans le monde.
En Côte d’Ivoire, nous sommes dans une année électorale.
Nous nous approchons des élections présidentielles.
Il faut donc prier pour que les choses se déroulent bien.

Il n’y a pas de nouvelles sorties musicales en vue ?

C’est bientôt les élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Dans certains pays africains et même aux Etats-Unis, il y a des choses qui ne se passent pas bien.
Je ne chante pas, je ne danse pas non plus quand les choses ne vont pas bien.

Nayanka Bell a gardé sa grande voix
Pour beaucoup la voix se détériore au fil des années quand on chante dans une gamme très haute ?

Moi dans mon cas, j’ai gardé ma voix peut-être parce que je ne chante pas régulièrement.
Je ne pense pas que la voix se détériore quand on chante trop haut pendant plusieurs années.
Seulement que la voix ne doit pas être agressée.
Sinon elle peut prendre un coup.
La voix est aussi un instrument de musique. Elle doit donc être entretenue.
Il y a des chanteuses après plusieurs années de carrière qui ont gardé leurs voix. Par contre il y en a qui n’ont plus la même puissance vocale qu’elles avaient à leur début. C’est donc relatif. Cela n’a rien à voir avec l’âge où le nombre d’années dans le métier. Tout est une question d’entretien.

La tendance des superlatifs diva, cantatrice, impératrice revient de plus en plus.
Nayanka Bell se situe où ?

Cela ne m’intéresse pas.
Je veux juste être moi. Demeurer la Nayanka que les Ivoiriens ont toujours connue.
J’ai beaucoup de respect pour la diva Aïcha Koné et toutes ces grandes chanteuses de cette génération avant la nôtre que sont Reine Pélagie, Jeanne Agnimel…
Ce mois de Mars étant d’ailleurs consacré au respect des droits de la Femme, je rends hommage à toutes ces grandes voix féminines de la Côte d’Ivoire. Celles-là même qui ont tracé les sillons de la musique ivoirienne.

Vos conseils à la génération actuelle d’artistes ?

Le succès est éphémère. Il faudrait qu’ils pensent à l’après.
Pendant qu’ils sont en activité, qu’ils fassent des économies pour investir dans des activités pérennes, dans des choses de valeur qui pourraient leur être bénéfiques plus tard.
Je conseille également à ces jeunes artistes de se former à la musique intemporelle comme le classique, le slow, le jazz ou le blues. Les tendances actuelles passeront, mais les grandes musiques restent éternelles.

Vos projets ?

C’est la sortie d’un livre sur ma vie. C’est un projet qui me tient à cœur.

Par Serge Pacôme Didi/ Média Prime

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